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Cette image se passe de tout commentaire. L'on dirait que nous sommes en plein exercice d'immunité dans la célèbre émission de la chaîne de télévision française TF1 intitulée "Koh- Lanta". Que nenni, nous sommes dans une espèce  gymkhana au Cameroun, un pays  à  la laisse où les forces de l'ordre se permettent de tout.On appelle ça l'extrême sauvagerie de la soldatesque camerounaise. Voici à quoi l'impunité, l'ensauvagement des pratiques de maintient de l'ordre peut mener des Camerounais.

Cette vidéo est insoutenable. Nous avons voulu ne pas la publier mais, vu les réactions qu'elle suscite sur la toile et plus précisément sur les réseaux sociaux, nous pensons que cela valait la peine. Aussi choquante soit-elle, cette vidéo traduit l'horreur de la gestion calamiteuse d'un pays et interpelle.

Des étudiants roués des coups par les forces de l'ordre du Cameroun à Buéa alors qu'ils ont simplement eu la malchance de se trouver au mauvais moment devant ces hommes en tenue lors de la manifestation estudiantine au cours de laquelle des étudiants demandent de la part des autorités camerounaises des meilleures conditions idoines pour leurs études.

Ils sont nombreux, blessés pour certains, invalides pour d'autres à cause de la descente musclée des forces de l'ordre dans le campus de l'université de Buéa

Ces étudiants et étudiantes, roués (es) de coups, obligé (es) de se coucher dans une marre d'eau puante  à nos yeux est le symbole d'une réalité rebutante et indécente. Celle de l'impuissance d'un peuple face à une politique honteuse au Cameroun dont on ne préfère pas voir de visage. Pourtant, on estime déjà à des centaines de blessés, le bilan non officiel de ces bavures policières
Comment ne pas être agacé par ce triste spectacle devenu récurrent ?  

En dépit de toutes les réactions des forces vives de la nation camerounaise depuis quelques années, le problème de l’abandon et la gestion saine de ce pays n’a pas jusqu’ici trouvé une thérapie viable et satisfaisante.

Ce n’est pourtant pas la première image diffusée le début des manifestations dans les régions anglophones du Cameroun depuis quelques jours.

Pourquoi celle-ci fait mal ?

Parce qu’il y a, dans cette vidéo, un effet de choc. Ces étudiants roulés dans la boue, isolés dans leur douleur, nous touchent en tant que Camerounais. Cela ne peut qu’interpeller la lâcheté de nos dirigeants qui ont la responsabilité d’avoir contribué à ce chaos tout en institutionnalisant le phénomène d'impunité qui a le vent en poupe au Cameroun.

Pourquoi dénoncer ces manquements?

Oui, il le fallait car, se taire, c'est participer à la cacophonie ambiante dans ce pays. Il faut dénoncer ce qui est insupportable. L'opinion ne veut d’ailleurs pas qu’on lui masque la réalité. Après on saura qui salit le plus l'image du Cameroun aussi bien de l'intérieure que de l'extérieure.

La responsabilité d’un journal, en publiant des vidéos comme celle-ci, est de mettre à mal tous les stéréotypes de l’opinion sur le modus vivendi des Camerounais. Cette atrocité est là pour nous le rappeler.

Ce beau pays, le Cameroun, est-il devenu cet endroit où il est désormais si dangereux de vivre ?

Violences policieres à l'université de Buea au Cameroun

Cette vidéo interpelle la lâcheté de nos dirigeants qui ont tous la responsabilité d’avoir contribué à ce chaos. A leur chef hiérarchique d’en tirer les leçons.

© Hugues SEUMO